Figures : pourquoi l’entreprise a choisi la quinzaine de 9 jours pour réinventer son rythme de travail


Date de publication : 13 01 2026


Figures est née en octobre 2020 avec une mission claire : aider les entreprises à mieux gérer leur rémunération et à préparer, doucement mais sûrement, la transition vers davantage de transparence salariale.

Mais au-delà du produit et des données, une interrogation s’est installée très tôt : comment travailler nous-mêmes de manière plus saine et plus juste ?

C’est ce questionnement qui a mené à une décision rare en France : l’adoption de la quinzaine de 9 jours, un rythme où chaque collaborateur dispose d’un jour de repos toutes les deux semaines.

Une idée née d’une expérience personnelle

À l’époque, Virgile, passé par Comet et Criteo, devait écouler des congés et décide de prendre tous ses mercredis pendant plusieurs mois. Une expérience improvisée, mais qui devient un véritable révélateur.

Il découvre qu’il accomplit en quatre jours ce qu’il faisait auparavant en cinq. Le rythme l’oblige à être plus sélectif, à refuser des réunions inutiles, à structurer ses journées différemment.

« J’ai découvert par hasard que je pouvais faire mon travail de cinq jours en quatre. C’est devenu l’un des meilleurs équilibres de vie que j’ai connus. »

Cette sensation ne l’a jamais quitté. Et lorsqu’il fonde Figures, elle revient comme une évidence : un rythme plus intelligent peut transformer l’expérience individuelle et collective. Ce sera la semaine des 4 jours puis travailler 9 jours sur 10.

Une organisation déjà pensée pour l’efficacité

Dès la naissance de Figures, l’objectif n’a jamais été de reproduire les schémas organisationnels habituels. L’entreprise part sur une base solide :

  • très peu de réunions,
  • un fonctionnement fortement asynchrone,
  • une culture écrite très présente,
  • des processus simples,
  • une responsabilisation claire.

Cette organisation rendait improbable un “gain magique” de productivité venu d’une réduction du temps de travail, comme cela arrive souvent ailleurs.

Figures avait déjà éliminé les frictions les plus évidentes.

Le vrai enjeu n’était donc pas de gagner en efficacité, mais de protéger un niveau de performance déjà élevé tout en allégeant le temps passé au bureau.

Le premier essai : la semaine de 4 jours

Avant d’atterrir sur la quinzaine de neuf jours, Figures a voulu commencer par l’option la plus connue : la semaine de quatre jours. C’était la suite logique après l’expérience personnelle de Virgile.
L’idée semblait simple : si un rythme plus court améliore l’efficacité, pourquoi ne pas l’étendre à toute l’entreprise ?


La mise en place a été rapide, sans révolutionner l’organisation existante. Sur le papier, tout était là.

Mais une fois testée en situation réelle, une réalité plus nuancée est apparue. Pendant les premières semaines, l’équipe se débrouille plutôt bien.

Le travail avance, les dossiers sortent, les projets continuent.

Puis, petit à petit, une tension s’installe, pas partout, mais au même endroit : les métiers en contact direct avec les clients.

Ces équipes commerciales, accompagnement client vivent un autre rythme que le reste de l’entreprise. Leur flux ne dépend pas d’eux : les clients continuent d’écrire, d’appeler, de poser des questions, de demander des retours rapides. Le volume, lui, ne diminue pas. Il se comprime juste.

C’est là qu'une difficulté apparaît.

Dans ces métiers, une journée de moins ne se répartit pas naturellement. Elle s’accumule. Une question en amène une autre et, en fin de semaine, la sensation d’être « en retard » devient presque systématique.

Certaines personnes disent se sentir au taquet dès le mardi. D’autres ont l’impression de faire en quatre jours ce qu’il faudrait objectivement cinq jours pour faire correctement.
L’intention est bonne, mais la pression monte d’un cran.

Figures comprend alors un point essentiel :

un modèle d’organisation n’existe jamais en dehors des métiers qui le font vivre.

La semaine de 4 jours fonctionne très bien pour certains rôles, mais crée une tension inutile pour ceux dont le travail dépend d’un flux externe continu. L'entreprise décide très tôt qu’il vaut mieux ajuster plutôt que s’acharner. Ce qui est rendu possible par une expérimentation bien cadrée.

D’où ce pivot vers un rythme plus réaliste : un modèle progressif, qui n’écrase pas les équipes, ne fragilise pas la relation client et ne met pas les collaborateurs en situation de devoir choisir entre qualité et rythme.

Le choix d’un modèle progressif : la quinzaine de 9 jours

Plutôt que de renoncer totalement à l’idée d’un nouveau rythme, Figures opte pour un modèle plus souple et plus réaliste : une quinzaine de 9 jours, un jour de repos toutes les deux semaines, pour un total de 9 jours travaillés sur 10.

Ce modèle trouve rapidement son équilibre et présente plusieurs avantages concrets.

Une continuité client parfaitement préservée

Le 9 jours de travail sur 10 permet de garder une présence régulière.

Aucun trou dans la relation client, pas de décalage accru, pas de périodes où l’équipe est trop courte.

Une contrainte progressive, compatible avec l’organisation existante

Figures était déjà structurée. Le modèle progressif de semaine de 4 jour ne vient pas bouleverser les process. Il introduit une respiration et est valorisé, sans pour autant fragiliser l’ensemble.

Un rythme plus rassurant pour l’équipe

Un jour off toutes les deux semaines est plus simple à vivre.

C’est un avantage tangible, pas un saut dans l’inconnu. Avec une progressivité

« L’idée n’a jamais été de travailler moins pour produire moins, mais de trouver un rythme où l’efficacité et l’équilibre coexistent vraiment. » Virgile Raingeard, fondateur de Figures

Les effets mesurés : attractivité, stabilité, satisfaction

Quelques mois après la mise en place du 9 jours travaillés sur 10, Figures observe plusieurs évolutions.

1. Une attractivité renforcée

Les candidats perçoivent le modèle non pas comme un argument marketing, mais comme le signe d’une entreprise qui réfléchit à son organisation.

C’est un élément qui donne envie de rester dans le processus de recrutement.

2. Une stabilité interne remarquable

Figures enregistre très peu de départs volontaires.

Le rythme de travail n’est pas “la” raison unique, mais il contribue clairement à créer un environnement plus serein. Tout en restant exigeant.

« La quinzaine de 9 jours n’est pas la raison pour laquelle les gens rejoignent Figures, mais c’est clairement l’une des raisons pour lesquelles ils y restent. » Virgile

3. Une satisfaction client intacte

Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, le service rendu ne s’est pas dégradé. Certains clients apprécient même la cohérence d’une entreprise RH qui applique ce qu’elle défend.
Et c'est aussi ce que l'on observe chez elmy ou encore Lita : la satisfaction client se maintient.

Le seul vrai point de vigilance : la perception du jour off

« C’est possible, mais ça demande une vraie structure, de la transparence, et de ne pas avoir peur des conflits de temporalité. »

Ce que Virgile observe, ce n’est pas un problème opérationnel, mais un phénomène humain :le rapport émotionnel au jour de repos.

Il arrive qu’un collaborateur doive répondre à un message ou traiter un sujet pendant son jour off.

Objectivement, cela reste marginal.

Mais psychologiquement, certains ressentent cela comme une entorse — un peu comme travailler un dimanche.
L’entreprise a donc posé un cadre clair :

- oui, cela peut arriver ;

- oui, c’est acceptable si cela reste ponctuel ;

- non, cela ne doit pas générer de culpabilité.
Ce cadre rassure et remet en perspective les rares exceptions.
« Quand quelqu’un doit travailler un peu pendant son jour off, il peut avoir l’impression d’avoir brisé la règle, alors que ce n’est pas grave. L’important, c’est que ça reste ponctuel et que personne ne culpabilise. »
Comme en semaine de 5 jours, en fait.

Une mise en place méthodique, loin de l’improvisation

Figures n’a pas instauré la quinzaine de 9 jours sur une simple intuition.

La démarche suivie est structurée :

  • rédaction d’une politique interne,
  • responsabilisation des managers,
  • intégration dans le SIRH,
  • pilote de six mois,
  • enquête interne,
  • ajustements,
  • signature d’un accord formalisant le modèle.

Cette méthode donne un vrai cadre et de la crédibilité au projet et sécurise l’ensemble cette nouvelle organisation du travail

Pourquoi envisager un retour en arrière (ou pas)

Une question revient souvent dans ce type de démarche : que se passe-t-il si le modèle marche pendant 6 mois, puis s’essouffle ?

Le pilote sert précisément à cela : valider ou non.

Mais dans les faits, lorsqu’un modèle améliore vraiment l’équilibre des équipes, il devient très difficile d’imaginer revenir en arrière. Notamment parce qu’il influence des aspects concrets de la vie quotidienne :mode de garde, rythme familial, organisation personnelle.

Mais surtout parce qu'il amène des bénéfices tangibles pour Figures, sur la fidélisation et la performance des équipes.

« Une fois que la quinzaine des neufs jours s’installe dans le rythme de vie des gens, revenir en arrière serait presque contre nature. On voit trop vite les bénéfices. »

Une marque de confiance qui renforce la culture interne

La start-up Figures fonctionne sur une culture forte de la confiance.
La quinzaine de 9 jours s’inscrit directement dans cette philosophie : accorder de la liberté et créer un environnement où chacun est responsable sans être surveillé.

Ce modèle est vécu comme un signe de maturité, et beaucoup y voient une preuve concrète de considération dans leur travail. 

Un impact personnel qui dépasse le cadre professionnel

L’effet le plus marquant est peut-être celui que Virgile décrit pour lui-même.

Même lorsqu’il travaille pendant ses vendredis off, il ressent une différence nette : ce n’est pas la même relation au temps. C’est une journée où il peut respirer, réfléchir, avancer sur les sujets de fond.

« Ces vendredis-là, même quand je travaille, ça me permet d’avoir un temps de focus beaucoup plus fort et une vraie prise de recul sur le business. »

Et Virgile de conclure :

« On a une grande culture de la confiance et de la responsabilisation. Et la quinzaine de neuf jours s’inscrit complètement dans cette logique. »

Conclusion

La quinzaine de 9 jours prouve qu’il est possible de repenser l’organisation du travail de manière simple, progressive et avec un retour arrière possible.

Figures montre qu’un modèle hybride peut préserver la relation client, renforcer la cohésion interne, améliorer l’attractivité et apporter un équilibre véritable sans provoquer de rupture.

Un modèle qui respecte les métiers, respecte les équipes et s’intègre dans la réalité du quotidien.


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